On le sait, le feu d’artifice 2026 a été annulé. Cette décision est loin d’être anodine car la pyrotechnie est un élément majeur de l’identité de notre ville. Monteux n’est pas une « ville nouvelle » sans passé : elle possède une histoire, une âme et des traditions qu’il nous appartient de protéger et de faire vivre.
Le maire a justifié cette annulation par la sécheresse qui sévit un peu partout en France. Il avait bien entendu toute la légitimité démocratique pour prendre une telle décision. Dont acte ! La question n’est pas là.
Cette légitimité n’interdit pas qu’on lui demande des explications - non pour polémiquer ce n'est pas le but, ni pour refaire le match - mais tout simplement pour comprendre ce qui s’est réellement passé et savoir ce qu’il adviendra demain de notre tradition pyrotechnique.
Certes, la sécurité est un argument majeur ; ce n’est pas moi qui en contesterai l’importance. La sécurité du public et la prévention du risque d’incendie doivent passer avant toute autre considération.
La sécheresse et le risque d’incendie ne sont pas nouveaux. Dans le passé, Monteux en a connu des épisodes particulièrement graves et c’est précisément pour faire face à ce risque fréquent qu’une organisation spécifique a été mise en place sur le site de Saint-Hilaire : débroussaillage systématique et désherbage général de la zone de tir afin que les retombées se fassent sur de la terre battue.
Ce dispositif a fait ses preuves, il a été validé à plusieurs reprises par les services de l’État et le SDIS au point d’autoriser notre feu alors que tous les autres feux étaient interdits dans le département.
Une première question s’impose : Pourquoi avoir décidé de changer de lieu de tir ?
A Saint-Hilaire le risque lié à la sécheresse était maîtrisé de même que le problème du vent car un petit vent du nord envoyait les retombées du feu sur la terre battue et à l’opposé du public ; alors qu’à Beaulieu, en tirant comme prévu sur la dune, on avait l’effet inverse, avec un risque de vent qui envoie les retombées sur les spectateurs.
Pourquoi donc avoir choisi un site qui offre moins de garanties de sécurité et qui de surcroît prive le centre-ville, ses commerçants et les forains d’une belle animation appréciée de tous ?
L’annulation du feu ayant été annoncée le lendemain de la commission de sécurité, il est légitime de se demander si l’organisation présentée par la ville était à la hauteur des exigences requises pour tirer.
Mais alors, pourquoi avoir lancé un marché public et pris un engagement ferme avec un prestataire sans s’être assurée au préalable de la validité de son organisation en cas d'une sécheresse tout à fait prévisible ? Pourquoi avoir annoncé au printemps un très beau feu « nouvelle génération », gratuit pour le public et moins cher pour la ville ?
Et surtout pourquoi finalement avoir déclaré forfait dix jours avant l’événement, sans attendre une possible évolution favorable de la météo ; évolution qui, précisément cette année, avec de gros orages les jours précédents, a créé des conditions parfaites pour tirer un feu d’artifice. Sans compter que je suis curieux de connaître combien va coûter à la ville la résiliation d'un marché public dans ces conditions.
En plus de ce coût pour un non-événement, il faudra également apprécier le manque à gagner pour les commerçants qui comptaient sur cette soirée ainsi que les conséquences pour le Parc Spirou dont les feux d’artifice déjà programmés ont eux aussi été interdits par le maire.
Au-delà de ces interdictions, si l'on considère que le réchauffement climatique ne va pas s’interrompre et que les étés à risque seront plus fréquents une question essentielle se pose : toute manifestation pyrotechnique est-elle désormais exclue à Monteux. Il est important d’en analyser honnêtement toutes les conséquences : contractuelles, économiques, commerciales, culturelles et touristiques. Il faut aussi en apprécier l’impact sur l’image de la ville et son attractivité.
Reste la question financière : au printemps le maire a annoncé un coût global de 165 000 euros, dont 95 000 euros pour la seule prestation artistique. Il affirmait ainsi réduire de moitié le coût de l’édition 2025. Celle-ci avait certes coûté 225 000 euros mais elle avait aussi apporté des recettes importantes de l'ordre de 120 000 euros alors qu'en 2026 le feu devait être gratuit. Donc il ne fallait pas espérer de réel gain financier. Par contre, la différence de coût des prestations pouvait faire espérer un spectacle à la hauteur de la réputation de Monteux.
De plus, la gratuité entraînait des conditions de sécurité beaucoup moins favorables que les entrées payantes sur réservation qui, elles, permettaient de contrôler les accès, filtrer le public et procéder à la fouille systématique de chaque spectateur.
Alors, parlons vrai : Le feu a-t-il été annulé parce qu’un risque local rendait effectivement sa tenue impossible ? ou bien parce que les choix artistiques, financiers et organisationnels effectués en amont n’ont pas été suffisamment réfléchis ?
En tout cas, une chose est certaine : la promesse d’un renouveau avec un très beau feu « nouvelle génération » n’a pas été tenue. Ce qui fait qu’en l’occurrence, renouveau rime avec fiasco !
Désormais, La seule vraie question est donc de savoir si la nouvelle municipalité souhaite maintenir la tradition pyrotechnique de Monteux.
Si oui, qu’elle précise les moyens qu’elle entend y consacrer, le site qu'elle compte retenir et l'organisation qu'elle envisage de mettre en place ?
Si, au contraire, elle souhaite tourner la page, qu’elle le dise clairement car les Montiliens peuvent entendre des choix, y compris lorsqu’ils sont difficiles, à condition qu’on leur explique honnêtement les véritables raisons.
C’est cela, parler vrai.
Il y a 10 ans, le 25 avril, rouvrait la ligne ferroviaire Avignon-Carpentras. Cet anniversaire est l’occasion pour la Communauté d’agglomération les Sorgues du Comtat de pointer les avancées du territoire en matière de mobilité durable.





